Historical figures
William Wadé Harris
1860–1929 · Liberia
Countries they acted in
Ghana
Ivory Coast
Liberia
Sierra Leone
William Wadé Harris naquit vers 1860, peut-être vers 1865, à Half-Graway ou à Glogbale, sur la côte glebo du comté de Maryland, au Liberia, d'une mère méthodiste, Youde Sie, et d'un père attaché à la religion glebo, Poede Wadé. Élevé à partir de 1873 chez son oncle, le pasteur John Lowrie, à Sinoe, il apprit à lire l'anglais et le glebo, navigua comme manœuvre sur les navires de la côte, se convertit vers 1881 au cap des Palmes et devint maçon, maître d'école et catéchiste de la mission épiscopale américaine, puis, en 1899, interprète du gouvernement libérien auprès des Glebo.
Révoqué en 1908, il hissa le 13 février 1909 le drapeau britannique à la place du drapeau libérien sur la plage de Puduke et fut condamné pour trahison. Emprisonné de nouveau pendant la guerre glebo de 1910, il dit avoir reçu en prison la visite de l'ange Gabriel et l'onction de l'Esprit, qui firent de lui un prophète. Sa femme, Rose Farr, mourut la même année.
Le 27 juillet 1913, pieds nus, en robe blanche, avec une Bible, une calebasse et un bâton en croix, il partit à pied vers l'est avec deux chanteuses. En Côte d'Ivoire et en Gold Coast, il fit brûler les fétiches et baptisa sans délai des dizaines de milliers de personnes, de cent à cent vingt mille en Côte d'Ivoire selon les administrateurs coloniaux. Il envoyait ses convertis dans les missions existantes, catholiques ou protestantes, et ailleurs leur faisait choisir douze apôtres en attendant « des maîtres avec des Bibles ». D'abord tolérée parce qu'il prêchait le travail et la sobriété, sa prédication inquiéta l'administration française, qui l'arrêta à Port-Bouët et l'expulsa au début de 1915.
Refoulé au moins huit fois à la frontière, il continua de prêcher au Liberia et en Sierra Leone et mourut pauvre en 1929, chez sa fille, au cap des Palmes ; les sources donnent le 23 avril, le 15 juin ou le 10 octobre. Il disait n'avoir voulu fonder aucune Église. Les méthodistes de Côte d'Ivoire datent leur Église de 1914, et l'Église harriste, organisée par son disciple John Ahui, se réclame de lui.