Historical figures
Tiéfo Amoro
?–1897 · Burkina Faso
Countries they acted in
Burkina Faso
Amoro Ouattara, dit Tiéfo Amoro du nom de son peuple, fut le onzième golotigui, chef des armées, de Noumoudara, la capitale militaire du pays tiéfo, à vingt-six kilomètres de Bobo-Dioulasso. On ignore sa date de naissance et le nom de son père. Descendant de Boua, premier chef de guerre du village au XVIIIᵉ siècle, il succéda à Kologobo et régnait déjà en avril 1888, quand l'explorateur Louis-Gustave Binger chercha en vain à le rencontrer.
Il défendit la région contre le Kénédougou de Tiéba Traoré, à Taga en février 1892 puis à Bama en janvier 1893, où il mena, selon le père Jean Hébert, les charges qui rompirent par deux fois les lignes de Sikasso. Tiéba mourut près de Bama ; la tradition tiéfo attribue sa mort à Amoro, celle de Sya à un empoisonnement. Après la bataille, Amoro rompit avec l'alliance des garnisons de Sya, à cause de la présence de Guimbi Ouattara à une réunion des chefs de guerre selon une version, de tirs entre alliés selon une autre.
En juillet-août 1897, il refusa de se soumettre à Samory Touré. Noumoudara, entourée de palissades et de cases-tranchées, résista huit jours, et un fils de Samory y fut tué. Quand sa réserve de poudre eut été mouillée, par une femme soudoyée par les chefs de Sya selon une tradition, par une de ses épouses selon une autre, il se donna la mort, ou se fit tuer par ses soldats, pour ne pas être pris vivant. La ville fut détruite.
Son corps, retrouvé intact en 2006, repose dans un mausolée souterrain à Noumoudara, où sont exposés deux tambours de 1890 tendus de peau d'esclaves. La place de la gare de Bobo-Dioulasso porte son nom depuis le 4 août 1984.