Personnalités historiques
Thomas Sankara
1949–1987 · Burkina Faso
Pays de son parcours
Burkina Faso
Né le 21 décembre 1949 à Yako, Thomas Sankara était le fils d'un ancien combattant de l'armée française, prisonnier de guerre devenu infirmier-gendarme. Formé au Prytanée militaire de Kadiogo puis à l'Académie militaire d'Antsirabe, à Madagascar, où il assista à la révolution de 1972, il commanda en 1976 le centre d'entraînement commando de Pô, devint secrétaire d'État à l'Information en 1981 et Premier ministre en janvier 1983. Arrêté en mai, il fut porté au pouvoir le 4 août 1983 par la garnison de Pô.
En quatre ans, il rebaptisa la Haute-Volta en Burkina Faso, fit vacciner 2,56 millions d'enfants en quinze jours, poser plus de sept cents kilomètres de rail à la main, et interdire l'excision et les mariages forcés. Le 19 février 1987, il déclara son patrimoine devant la commission anticorruption : un frigo en panne, trois guitares, quatre vélos. Le 8 mars 1987, il affirma qu'il n'y a pas de révolution tant que la femme n'est pas libérée, et le 29 juillet 1987, devant l'OUA, il refusa le paiement de la dette, au motif que ceux qui avaient prêté étaient ceux qui avaient colonisé.
Son bilan comporte aussi une part sombre. Les Tribunaux populaires de la révolution jugeaient sans avocat ni ministère public, l'accusé seul face à la cour ; sept hommes furent fusillés après jugement le 11 juin 1984, et des milliers d'enseignants furent révoqués après la grève de mars 1984. Sankara reconnut lui-même que ces tribunaux servaient à régler des comptes privés.
Il fut assassiné le 15 octobre 1987 au Conseil de l'Entente, avec douze de ses collaborateurs et gardes ; son certificat de décès porta la mention « mort naturelle ». La procédure resta bloquée vingt-sept ans, faute d'un ordre de poursuivre de la Défense. Le procès s'ouvrit en 2021 dans une salle des banquets, aucun palais de justice n'étant assez grand, et rendit son verdict le 6 avril 2022.

