Historical figures
Solomana Kanté
1922–1987 · Guinea
Countries they acted in
Guinea
Ivory Coast
Mali
Souleymane Kanté, que l'on écrit aussi Solomana Kanté ou Sulemaana Kantè, naquit en 1922 à Soumankoï, dans le Baté, à une quinzaine de kilomètres de Kankan, en Haute-Guinée. Fils d'Amara Kanté, maître d'une école coranique réputée, et de Diaka Keïta, il apprit le Coran et la grammaire arabe dans l'école de son père et ne fréquenta jamais l'école française.
Après la mort de son père en 1941, il partit chercher fortune en Côte d'Ivoire, où il fut maître coranique et marchand de kola à Bouaké et à Bingerville. En 1944, à Bouaké, il lut un article du journaliste libanais Kamal Marwa qui affirmait que les langues africaines n'avaient pas de règles grammaticales. Après trois ans d'essais avec l'alphabet arabe et deux avec l'alphabet latin, il présenta à Bingerville, le 14 avril 1949, une écriture nouvelle pour les langues mandingues, tracée de droite à gauche et notant obligatoirement les voyelles et les tons, qu'il appela n'ko, « je dis ».
Rentré en Guinée à l'indépendance, il s'établit à Kankan, enseigna son alphabet un élève après l'autre et écrivit, selon les estimations, d'une vingtaine à plus de cent ouvrages : grammaire, dictionnaire, histoire du Manden, médecine traditionnelle, religion, dont une traduction du Coran en maninka. La Guinée, qui fit enseigner huit langues nationales à partir de 1968, choisit l'alphabet latin ; le Mali, où il s'installa en 1977, fit de même. Il vécut à Abidjan de 1982 à 1984 et mourut du diabète à Conakry le 23 novembre 1987.
Ses disciples firent vivre son écriture par des associations, des écoles de village et des éditions privées. Le n'ko entra dans le standard Unicode en juillet 2006, ouvrit son édition de Wikipédia en 2019 et entra dans Google Traduction en 2024. Le 17 avril 2026, un décret guinéen chargea la communication présidentielle de promouvoir le n'ko et l'adlam, et le 9 mai suivant l'université Julius-Nyerere de Kankan créa un laboratoire d'enseignement et de recherche en n'ko.