Historical figures
Sarraounia Mangou
?–1908 · Niger
Countries they acted in
Niger
Mangou fut la neuvième saraounia de Lougou, dans l'Arewa, au sud-ouest de l'actuel Niger ; selon la liste dynastique donnée par la famille royale en juillet 2026, elle exerça la charge de 1865 à sa mort, en 1908. La saraounia est une charge religieuse et judiciaire tenue par une seule femme à la fois : à la mort de la titulaire, son corps, porté sur un brancard, la tarkama, désigne celle qui lui succède. La tradition veut que l'élue soit âgée, sans enfants en bas âge, qu'aucun homme n'entre chez elle et qu'elle ne quitte pas Lougou. Elle garde la Toungouma, la pierre d'ordalie des Azna.
En avril 1899, la colonne Voulet-Chanoine attaqua Lougou et Tougana. La résistance des villageois coûta à la mission sept mille cartouches, quatre tués et six blessés ; Lougou fut incendié, et ses habitants, réfugiés en brousse, le reprirent après le départ de la colonne. Les traditions recueillies à Lougou en 1981 lui prêtent ces mots : « moi, je ne fais pas la guerre, je n'ai qu'une quenouille », et lui attribuent l'intercession pour son pays. Aucune source antérieure à 1980 ne lui attribue de fait de guerre.
Sa célébrité vint du roman d'Abdoulaye Mamani, Sarraounia (1980), qui en fit une jeune reine guerrière, et du film de Med Hondo (1986). Mamani déclara en 1989 qu'elle « n'a pas fait grand-chose » et qu'il avait créé ses personnages. Devenue l'héroïne nationale du Niger, elle entra dans les manuels scolaires ; une médaille d'État porte son nom depuis 2024 et une place de Niamey depuis le 23 juillet 2026.