Personnalités historiques
Samory Touré
1830–1900 · Guinée
Pays de son parcours
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Gabon
Guinée
Mali
Samory Touré naquit vers 1830 à Manianbaladougou, près de Kankan, dans l'actuelle Guinée. Marchand de kola, il devint sofa, soldat, pour racheter sa mère captive, et bâtit l'empire du Wassoulou. Il en fit une puissance militaire nouvelle : il remplaça la levée par classes d'âge par une armée permanente, organisa ses colonnes en cinq éléments désignés par des parties du corps, et créa des ateliers d'armement ; son forgeron Moussa Kaba, dit Siaka Moussa, se fit embaucher en 1886 dans les ateliers français pour en rapporter la technique, et l'on ramassait les douilles sur les champs de bataille. Almami à partir de 1883, il tint la France en échec pendant seize ans.
Son empire vécut de la guerre et de la razzia. Sa population passa d'environ 1 100 000 à 547 000 habitants entre 1887 et 1891 ; les habitants proches de la route de Bissandougou étaient réquisitionnés comme porteurs et leurs biens confisqués. Il assiégea Sikasso, la capitale du Kénédougou, de 1887 à 1888, sans parvenir à la prendre. Repoussé vers l'est par les colonnes françaises, il se tailla un nouveau royaume au sud du pays de Kong.
En 1897, il détruisit Kong, cité marchande et savante, après avoir écrit à son roi qu'il ne ferait jamais la guerre aux musulmans, et marcha sur Bobo-Dioulasso. Son armée détruisit Noumoudara, la capitale militaire des Tiéfo, au terme d'un siège de huit jours où l'un de ses fils fut tué ; ce fut sa dernière victoire. Traqué dans l'ouest ivoirien, il fut capturé à Guélémou le 29 septembre 1898 avec environ cinquante mille personnes. Condamné à l'exil le 22 décembre 1898 à Kayes, il tenta de se suicider la nuit précédant l'embarquement, et mourut au Gabon le 2 juin 1900.
Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée, revendiqua sa descendance et fit de lui l'ancêtre du nationalisme guinéen. En pays malinké, les griots le chantent dans un janjon, un chant épique. En 2024, un officier malien, historien militaire, intitula son étude « Ce que Samory n'était pas ».
