Historical figures
Norbert Zongo
1949–1998 · Burkina Faso
Countries they acted in
Burkina Faso
Né en juillet 1949 à Koudougou, Norbert Zongo fut instituteur à Pô et à Ouagadougou avant d'entrer en journalisme en 1986 au quotidien d'État Sidwaya, et de passer à Carrefour africain. Romancier, auteur du Parachutage et de Rougbêinga, il fonda en 1993 l'hebdomadaire L'Indépendant, où il enquêta sur la corruption et s'opposa au régime de Blaise Compaoré.
À partir de janvier 1998, il enquêta sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, mort après plus d'un mois de détention. Deux jours avant sa propre mort, il déclara que « les menaces se précisent ». Le 13 décembre 1998, il fut retrouvé mort avec son frère Ernest et deux collaborateurs, Abdoulaye Nikiéma, dit Ablassé, et Blaise Ilboudo, dans un véhicule incendié à sept kilomètres de Sapouy.
Une commission d'enquête indépendante, qui travailla quatre mois et mena deux cents auditions, conclut en mai 1999 à un guet-apens lié à ses activités journalistiques et cita six noms, en précisant qu'il s'agissait « pas de coupables, mais de sérieux suspects ». Le pays se souleva, et trente mille personnes manifestèrent à Ouagadougou le 13 décembre 1999.
En 2014, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples condamna le Burkina Faso pour manquement de diligence, et elle ordonna des réparations en 2015. L'extradition de François Compaoré, demandée à la France, fut bloquée par la Cour européenne des droits de l'homme, et la France annula le décret en décembre 2023. En 2025, aucun tribunal n'avait condamné quiconque pour ces quatre morts. L'université de Koudougou et un mémorial portent son nom, et on lui doit une phrase souvent citée : « le pire, c'est le silence des gens bien ».