Historical figures
M'Balia Camara
1929–1955 · Guinea
Countries they acted in
Guinea
M'Balia Camara naquit en 1929 à Posséah, dans la région de Dubréka, en Guinée française, dans une famille de paysans. Elle épousa Sana Thierno Candé Camara, dit « Clairon », qui présidait la sous-section du Parti démocratique de Guinée à Tondon, village aussi appelé Labaya, et elle y dirigea le comité local des femmes du parti. Chez les Soussous, son prénom était traditionnellement donné à une jumelle.
Le 9 février 1955, le chef de canton David Sylla envoya la troupe arrêter Clairon et plusieurs militants qui avaient organisé le refus de l'impôt. Selon le biographe André Lewin, les femmes du village élevèrent en hâte une barricade de fortune pour leur barrer le chemin ; d'autres récits situent la scène dans sa maison ou au cours d'une émeute. Le chef la frappa de son sabre alors qu'elle était enceinte de huit mois. Transportée à l'hôpital Ballay de Conakry, elle mit au monde un enfant mort-né le 11 février et mourut le 18 février 1955, à vingt-six ans.
Plusieurs milliers de personnes, conduites par Sékou Touré et Ouezzin Coulibaly, suivirent ses funérailles. Le 30 avril 1956, David Sylla fut condamné à un an de prison et 300 000 francs d'amende pour « coups et blessures ayant occasionné des mutilations », qualification qui écartait l'assassinat. Le PDG fit d'elle sa première martyre : le 9 février fut célébré comme journée des femmes, le grand marché de Madina, à Conakry, prit son nom en 1958, et la Croix du compagnon de l'indépendance lui fut décernée à titre posthume le 1er octobre 1959.
En 2018, un témoignage posthume de l'historien Émile Tompapa contesta que David Sylla ait porté le coup. Aucune photographie authentique de M'Balia Camara n'est connue.