Historical figures
Maurice Delafosse
1870–1926 · France
Countries they acted in
Ivory Coast
Mali
Senegal
Né le 20 décembre 1870 à Sancergues, dans le Cher, Maurice Delafosse étudia l'arabe à l'École des langues orientales, passa quelques mois en Algérie chez les Frères armés du Sahara et entra en 1894 dans l'administration coloniale comme commis des affaires indigènes en Côte d'Ivoire. En novembre 1894, il prit son premier poste à Toumodi, en pays baoulé, où le reçut le chef des Ouarèbo du Sud, Nyangua Kuassi. Consul au Liberia de 1897 à 1899, il revint délimiter la frontière avec la Côte-de-l'Or ; il eut d'une jeune Ivoirienne deux fils qu'il reconnut. Il enseigna ensuite aux Langues orientales et à l'École coloniale, dirigea de 1915 à 1918 les affaires civiles de l'Afrique-Occidentale française à Dakar, et mourut à Paris le 13 novembre 1926.
Linguiste et ethnographe, il publia en 1900 l'Essai de manuel de la langue agni, où il transcrivit en baoulé et traduisit la légende de la reine Abla Pokou : la reine ordonnait à tous de jeter leurs nouveau-nés dans la Comoé, le peuple refusait, elle donnait son fils couvert d'or et en tirait son droit de régner. Dans le même livre, il racontait la traversée sans sacrifice et reconnaissait l'hégémonie des Warèbo, ses premiers hôtes. Il publia aussi en 1912 le Haut-Sénégal-Niger, couronné par l'Académie française, et traduisit avec Octave Houdas, en 1913, le Tarikh el-Fettach, une chronique de Tombouctou.
L'historienne Ute Luig montra en 1985 que sa version de la légende de Pokou réunissait au moins quatre récits autonomes, et l'anthropologue Fabio Viti établit en 2009 qu'elle était devenue le modèle des versions écrites et de la plupart des versions orales. Selon l'historien néerlandais Jan Jansen, ce fut aussi le Haut-Sénégal-Niger qui fit du duel entre Soundjata et Soumaoro un fait historique : « son but était d'imposer la loi française sur cette partie du monde, c'est pourquoi il l'a rendue lisible pour les colons ».