Historical figures
Marie Koré
1912–1953 · Ivory Coast
Countries they acted in
Ivory Coast
Marie Koré naquit Zogbo Céza Galo Marie vers 1910 ou 1912 à Gossa, près de Daloa, en pays bété (certaines sources nomment son village Gokra). Descendue vers la Basse-Côte, elle épousa d'abord un Français, qui demanda le divorce lorsqu'elle s'engagea au Rassemblement démocratique africain, puis René Séry Koré, ancien fonctionnaire des Postes, dont elle prit le nom. À Treichville, rue 12, elle tenait un allocodrome, une cour où l'on vendait des bananes plantains frites. Elle ne savait ni lire ni écrire, et les militantes de Treichville l'élurent en 1947 présidente du comité féminin du PDCI-RDA de la commune.
En février 1949, son mari fut l'un des huit dirigeants du parti enfermés sans jugement à la prison de Grand-Bassam. Le 22 décembre 1949, avec Lorougnon Zika, elle conduisit à pied le groupe des femmes bété sur les quarante kilomètres qui séparaient Abidjan de Grand-Bassam. Le 24 décembre, sa fille Denise attachée dans le dos, elle fit les premiers pas sur le pont de la lagune Ouladine face aux lances à eau chargée de sable, tomba, fut rouée de coups, arrêtée et frappée au commissariat, où elle gifla le commissaire. Hospitalisée plusieurs semaines, elle fut condamnée en février 1950 à deux mois de prison.
Elle mourut en 1953, quelques heures après l'incision d'un panaris à l'hôpital annexe de Treichville. Les circonstances n'ont jamais été élucidées : on a parlé d'un accident médical, des séquelles des coups de 1949, et sa famille, par la voix de son neveu Rouba Daleba, a parlé d'une injection mortelle. Aucune enquête ne fut ouverte. Les sources ne s'accordent pas non plus sur sa descendance.
Son visage figura sur un billet de mille francs CFA de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest et sur un timbre-poste ivoirien, et une école d'Adjamé porte son nom. La statue érigée en 1999 place de la Paix, à Grand-Bassam, montre trois femmes en marche, dont l'une porte un enfant dans le dos.