Personnalités historiques
Lamine Senghor
1889–1927 · Sénégal
Pays de son parcours
Belgique
France
Sénégal
Lamine Ibrahima Arfang Senghor naquit le 15 septembre 1889 à Joal, dans une famille paysanne sérère, sans lien de parenté avec Léopold Sédar Senghor, né dans le même village seize ans plus tard. Boy chez Maurel et Prom à Dakar en 1912, il se porta volontaire en 1915, combattit avec le 68ᵉ bataillon de tirailleurs sénégalais dans la Somme et au Chemin des Dames, reçut la Croix de guerre et le grade de sergent, et fut gazé près de Verdun à l'automne 1917. Il ne lui resta qu'un poumon.
Citoyen français par jugement du tribunal de Dakar en 1920, marié à Eugénie Marthe Comont, père de deux enfants, il devint facteur aux PTT à Paris. Il voulait rentrer au Sénégal et ne pouvait pas payer les billets de bateau. Le service de surveillance des colonisés lui proposa un passage gratuit contre des renseignements ; l'historien Olivier Sagna pense qu'il commença peut-être à en fournir à l'automne 1924. Témoin contre Blaise Diagne au procès de novembre 1924, il passa dans le camp anticolonialiste.
En 1926, il fonda le Comité de défense de la race nègre, première organisation autonome des Noirs de l'empire français, et en 1927 la Ligue de défense de la race nègre. Il signa en janvier 1927 « Le mot "Nègre" », qui revendiquait le mot douze ans avant la Négritude. Le 11 février 1927, à Bruxelles, il réclama l'indépendance complète des colonies d'Afrique, ce que nota un observateur de l'ambassade de France.
Il publia en juin 1927 La Violation d'un pays, où il définit la colonisation comme « la violation du droit d'un peuple à disposer de lui-même ». Il mourut à l'hôpital de Fréjus le 25 novembre 1927, à trente-huit ans, et sa fille de sept ans fut placée dans un orphelinat. Le centenaire de sa mort tombe le 25 novembre 2027.
