Personnalités historiques
Julien Boukambou
1917–1994 · Congo
Pays de son parcours
Congo
Julien Boukambou naquit le 17 avril 1917 à Madianga, dans le Pool, au Congo français. Son grand-père maternel, Mwa Nkono, avait été un lieutenant de Mabiala Ma Nganga, et à huit ans il passa dix jours en prison avec son père, livreur de poisson pour l'administration, pour un retard de livraison. Élève de l'école catholique de Mindouli, devenu moniteur d'enseignement à dix-neuf ans, il rencontra en 1941 André Matsoua, prisonnier exhibé en gare de Mindouli.
Secrétaire général du Parti progressiste congolais en 1951, puis de la Confédération générale africaine du travail en 1957, il fonda en 1956 l'Union de la jeunesse congolaise avec Aimé Matsika et Abel Thauley-Ganga, et défendit en 1958 l'indépendance immédiate. Arrêté en mai 1960 dans l'affaire du prétendu complot communiste, qu'il appelait « plutôt un complot contre la classe ouvrière », il resta en prison plus longtemps que la plupart des autres détenus.
Vice-président du Comité de fusion syndicale pendant les Trois Glorieuses d'août 1963, il proposa le nom d'Alphonse Massamba-Débat pour succéder à l'abbé Youlou. Député et premier vice-président de l'Assemblée nationale de 1964 à 1968, secrétaire administratif du bureau politique du Mouvement national de la révolution, il fut invité par Fidel Castro à la conférence tricontinentale de La Havane en 1966, puis nommé ambassadeur en URSS de 1970 à 1972.
Emprisonné après l'assassinat de Marien Ngouabi en mars 1977 et condamné à tort par la cour martiale, il n'échappa à l'exécution que grâce au soutien d'un officier. À la Conférence nationale souveraine de 1991, il mit en garde contre la division ethnique du champ politique. Il mourut en 1994. Son petit-fils, le cinéaste Hassim Tall Boukambou, raconta sa génération dans la trilogie Révolutionnaire(s).
