Historical figures
Hissène Habré
1942–2021 · Chad
Countries they acted in
Chad
Hissène Habré, chef des Forces armées du Nord pendant la guerre civile tchadienne, prit le pouvoir à N'Djamena le 7 juin 1982 avec un soutien paramilitaire secret de la CIA et l'appui de la France, qui voyaient en lui un rempart contre la Libye de Mouammar Kadhafi. Ses hommes avaient enlevé en 1974 l'ethnologue française Françoise Claustre.
Il gouverna le Tchad jusqu'au 1er décembre 1990 avec un parti unique et une police politique, la Direction de la documentation et de la sécurité, qui ne rendait de comptes qu'à lui. Une commission d'enquête tchadienne estima en 1992 que son régime avait pu faire jusqu'à 40 000 morts ; les archives de la DDS retrouvées en 2001 livrèrent les noms de 1 208 personnes exécutées ou mortes en détention et de 12 321 victimes. Il fut l'un des invités de marque du défilé du 14 juillet 1987 à Paris.
Renversé par Idriss Déby Itno, il s'enfuit au Sénégal en emportant une fortune puisée dans le Trésor public et y vécut plus de vingt ans en homme libre. Arrêté à Dakar le 30 juin 2013, il refusa de reconnaître les Chambres africaines extraordinaires, dut être amené de force aux audiences et garda le silence. Le 30 mai 2016, il fut condamné à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture, y compris viols et esclavage sexuel : ce fut la première condamnation d'un ancien chef d'État par la justice d'un autre pays. La peine fut confirmée en appel le 27 avril 2017.
Il mourut du Covid-19 en détention au Sénégal le 24 août 2021, à soixante-dix-neuf ans, et fut enterré au cimetière musulman de Yoff, à Dakar. Le gouvernement tchadien refusa de lui rendre un hommage officiel.