Personnalités historiques
Guimbi Ouattara
1836–1919 · Burkina Faso
Pays de son parcours
Burkina Faso
Guimbi Ouattara naquit vers 1836 à Sya, l'actuelle Bobo-Dioulasso, dans la famille Ouattara du Gwiriko, issue du royaume de Kong. Son père, Diori Ouattara selon la plupart des sources, mourut quand elle avait trois ans. Mariée à quinze ans, veuve deux ou trois fois selon les sources, elle n'eut pas d'enfant biologique mais éleva des enfants adoptifs. Elle n'occupait aucune fonction officielle, mais elle était riche : elle possédait des esclaves et entretenait des guerriers dont elle louait les services.
Elle logea les premiers voyageurs français de la région : le docteur François Crozat du 10 au 16 août 1890, puis le capitaine Parfait-Louis Monteil du 9 au 14 mars 1891, qui la présenta comme « l'hôtesse de Binger d'abord ». Dans la relation que Louis-Gustave Binger publia lui-même de son passage d'avril 1888, la femme qui l'introduisit s'appelle pourtant Diongui, et la phrase « je le garantis » qu'on prête à Guimbi n'y figure pas. Binger, devenu gouverneur de la Côte d'Ivoire, lui fit attribuer une somme annuelle sur le budget de la colonie.
En juillet 1897, selon l'historien Sié François d'Assise Coulibaly, Sya fut épargnée par Samory Touré grâce aux démarches de l'imam Sakedi, de Guimbi Ouattara et de Zelelou Sanou ; l'histoire militaire française de 1901 affirme au contraire que Samory saccagea la ville. La tradition tiéfo accuse, au conditionnel, les chefs de Sya de s'être ligués avec Samory contre Noumoudara, que l'almamy détruisit. Pendant le massacre, Guimbi Ouattara entra dans Noumoudara avec l'imam Sakedi Sanou pour demander la clémence en faveur des survivants.
Elle accueillit les Français à leur installation, reçut une pension et mourut en 1919. Son mausolée du quartier Kombougou, où l'on montre un puits qu'elle aurait creusé de ses mains, une maternité et un lycée professionnel portent son nom. En juillet 2026, l'appellation « Stade Guimbi Ouattara » donnée au nouveau stade de Bobo-Dioulasso fut provisoirement suspendue après des contestations d'une partie des communautés autochtones.
