Personnalités historiques
Fulbert Youlou
1917–1972 · Congo
Pays de son parcours
Congo
Fulbert Youlou naquit en 1917 à Madibou, dans le Pool, au Moyen-Congo ; selon les sources, le 7 juin, le 9 juin ou le 19 juillet. Lari, baptisé à neuf ans, il entra en 1929 au petit séminaire de Brazzaville, étudia à Akono et au grand séminaire de Yaoundé, où il eut pour condisciple Barthélemy Boganda, et fut ordonné prêtre le 9 juin 1946 (en 1949 selon une source). Vicaire à la paroisse Saint-François de Brazzaville, aumônier de l'hôpital et de la prison, il fut envoyé à Mindouli en novembre 1954 après une plainte pour adultère déposée à l'évêché.
Candidat aux législatives de janvier 1956 contre l'avis de son archevêque, suspendu de son ministère, il garda la soutane, que les Lari appelaient « kiyunga ». Troisième de ce scrutin marqué à Bacongo par les violences de ses partisans, il fonda en mai 1956 l'Union démocratique de défense des intérêts africains, dont l'emblème était un caïman. Maire de Brazzaville en novembre 1956, Premier ministre le 8 décembre 1958, il fut élu président de la République par l'Assemblée le 21 novembre 1959. Son gouvernement fit déporter environ un millier de matsouanistes le 28 juillet 1959, opération au cours de laquelle trente-sept personnes moururent à Mpila, et fit arrêter en mai 1960 les dirigeants de la CGAT et de l'Union de la jeunesse congolaise.
Il proclama l'indépendance le 15 août 1960, réunit en décembre 1960 la conférence qui fonda le groupe de Brazzaville, apporta un soutien logistique à la sécession katangaise et voulut bâtir un barrage sur le Kouilou. Seul candidat à l'élection présidentielle de mars 1961, il annonça en août 1962 l'instauration du parti unique. La révolte syndicale et populaire des 13, 14 et 15 août 1963, les Trois Glorieuses, le contraignit à démissionner le 15 août, trois ans jour pour jour après l'indépendance.
Détenu, il s'évada le 25 mars 1965 vers Léopoldville. Condamné à mort par contumace en juin 1965 par un tribunal populaire, sans avoir été entendu, il fut refusé par la France et s'installa en Espagne, où parut en 1966 J'accuse la Chine, un pamphlet en grande partie écrit par Jacques Leray. Il mourut à Madrid d'une hépatite le 5 mai 1972 et fut enterré à Madibou le 16 décembre 1972, sans cérémonie officielle. La Conférence nationale de 1991 réhabilita sa mémoire.
