Historical figures
Almamy David Sylla
Guinea
Countries they acted in
Guinea
Originaire de la région de Dubréka, Almamy David Sylla, appelé aussi David Tondon, était chef de canton de Labaya avant la Seconde Guerre mondiale. Révoqué à la suite d'une condamnation de droit commun, il fut réhabilité à la fin de la guerre et renommé à la tête du même canton. Battu aux élections territoriales de mars 1952, il était jugé par l'administration coloniale elle-même « autoritaire et parfois brutal ».
Le 9 février 1955, alors que le village de Tondon refusait de lui payer l'impôt, il envoya la troupe arrêter le président de la sous-section du Parti démocratique de Guinée, Sana Thierno Candé Camara, dit « Clairon ». Selon le biographe André Lewin, il s'avança vers les femmes qui barraient le chemin en faisant des moulinets avec son sabre et frappa M'Balia Camara, enceinte de huit mois, qui mourut le 18 février. Le 30 avril 1956, le tribunal de Conakry le condamna à un an de prison ferme et 300 000 francs d'amende pour « coups et blessures ayant occasionné des mutilations », ce qui l'exonérait du chef d'assassinat. C'était la première peine ferme infligée à un chef de canton en Guinée.
Interdit de séjour à Tondon, il y revint les 23 et 24 janvier 1958, après la suppression de la chefferie, et en fut chassé à coups de pierres. Après 1984, sa famille le tint pour réhabilité ; Lewin, mort en 2012, qualifiait de « peu crédible » cette tentative de l'innocenter. En 2018, un témoignage posthume de l'historien Émile Tompapa affirma qu'il n'avait pas porté le coup fatal. Ses dates de naissance et de mort ne sont pas connues.