Personnalités historiques
Babemba Traoré
1855–1898 · Mali
Pays de son parcours
Burkina Faso
Mali
Babemba Traoré, né vers 1855 selon la plupart des notices (vers 1845 selon d'autres), était fils de Mansa Daoula Traoré, fondateur de la puissance des Traoré au Kénédougou, et frère de Tiéba. Quand Tiéba mourut près de Bama, en janvier 1893, pendant sa campagne contre Sya (Bobo-Dioulasso), Babemba ramena le corps à Sikasso et devint le cinquième et dernier faama du royaume. Il agrandit et renforça le tata, la muraille de terre qui avait tenu quinze mois contre Samory Touré en 1887-1888.
Son règne commença dans l'alliance française. À la fin de 1893, quand Samory envahit le Kénédougou, une colonne française partit de Bamako à son appel. En novembre 1894, ses envoyés reçurent à Ségou vingt-cinq fusils Gras et vingt-cinq mille cartouches, et en décembre il envoya un neveu saluer le gouverneur Grodet. Parmi les quelque cent quarante personnes réduites en esclavage que le gouverneur découvrit en janvier 1895 chez le commandant Quiquandon, à Koulikoro, figuraient des cadeaux de Tiéba et de Babemba. Il cessa ensuite de payer le tribut de cent bœufs, réprima en 1894 une révolte des Miniankala, vit Samory lui prendre une partie de son royaume, puis conclut avec lui en août 1896 une paix accompagnée d'échanges de territoires et d'otages ; le Kénédougou fournissait des chevaux à la cavalerie de l'almamy.
En janvier 1898, il reçut le capitaine Morisson, venu exiger sa neutralité, puis le somma de quitter Sikasso dans les vingt-quatre heures ; la mission fut dépouillée le 2 février par mille deux cents guerriers. La colonne du lieutenant-colonel Audéoud bombarda la ville à partir du 17 avril et l'emporta d'assaut le 1er ou le 2 mai 1898, selon les sources. Babemba mourut dans son réduit, le diomfoutou, sans se rendre ni être pris vivant ; l'histoire militaire française le dit tué dans une mêlée, d'autres témoins disent qu'il se tua ou se fit tuer, et la mémoire malienne retient qu'il ordonna à l'un de ses hommes de le tuer, la mort valant mieux que la honte.
Le stade de Sikasso porte son nom, et un monument à sa mémoire et à celle de Tiéba fut inauguré à Sikasso le 14 mai 2018.
