Personnalités historiques
Anne-Marie Raggi
1918–2004 · Côte d'Ivoire, France
Pays de son parcours
Côte d'Ivoire
Anne-Marie Raggi naquit le 8 octobre 1918 à Lauzoua, dans la région de Divo, d'un père sénégalais de Rufisque et d'une mère fanti de la Gold Coast, et fut élevée un temps par la seconde épouse dida de son père. Élève des sœurs de Notre-Dame des Apôtres à Moossou, elle épousa Louis Raggi, expert-comptable d'origine libanaise et acheteur de produits, et devint française par ce mariage. Sa maison de Grand-Bassam accueillait les indigents, les malades et les enfants abandonnés ; on l'appelait « Maman Raggi ».
Secrétaire générale du comité féminin du PDCI-RDA de Grand-Bassam de 1946 à 1974, elle visita chaque semaine, en 1949, les dirigeants du parti détenus à la prison de la ville, leur apportant repas, oreillers et nattes, et refusa, selon le journal de Bernard Dadié, trente mille francs et une voiture pour les abandonner. La circulaire du RDA du 19 décembre 1949 lui attribua l'idée du boycott des marchandises françaises. Co-meneuse de la marche des femmes sur la prison de Grand-Bassam en décembre 1949, elle fut surnommée « la grande amazone de la marche ».
En 1963, la Côte d'Ivoire indépendante l'emprisonna dans l'affaire des complots. Son mari, expulsé du pays, mourut en France la même année. Selon l'historien Samba Diarra, elle fut en janvier 1965 la seule des détenus présentés au Boxing-Club de Treichville à déclarer qu'il n'y avait jamais eu de complot. Elle resta militante du PDCI.
Membre du Conseil économique et social de 1976 à 2000, réélue au comité directeur du parti en 1980, elle fut adjointe au maire de Grand-Bassam de 1980 à 1985, d'abord aux côtés de Jean-Baptiste Mockey, l'un des huit détenus de 1949. Elle mourut le 19 octobre 2004 à Abidjan et fut inhumée au cimetière d'Azuretti, à Grand-Bassam.
