Historical figures
Alice Badiangana
1939– · Republic of the Congo
Countries they acted in
Republic of the Congo
Alice Badiangana naquit en 1939 à Brazzaville, alors capitale de l'Afrique-Équatoriale française. Élève d'une école catholique jusqu'à la septième, reçue au concours des cours complémentaires, elle travailla comme vendeuse à la Société commerciale du Kouilou-Niari avant d'entrer à la caisse de prévoyance sociale de Brazzaville, où elle devint déléguée syndicale du personnel pour la Confédération générale africaine du travail (CGAT). Elle participa à la fondation de l'Union de la jeunesse congolaise, dont elle dirigea avec Véronique Bouesso le mouvement féminin, et elle se rendit en juillet 1959 au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, à Vienne.
Partisane de l'indépendance immédiate, elle milita pour le non au référendum de 1958. En mai 1960, le gouvernement de l'abbé Fulbert Youlou fit arrêter vingt-quatre syndicalistes et jeunes militants pour un prétendu complot communiste ; elle était la seule femme, et on la détint à l'écart des hommes. Elle était encore en prison le 15 août 1960, jour de l'indépendance du Congo. L'affaire se termina par un non-lieu ; sa notice du Maitron date sa libération de septembre 1960, alors que la notice de Julien Boukambou situe les libérations à partir du 16 novembre.
Très active pendant les Trois Glorieuses d'août 1963, elle fut désignée en 1964, à vingt-quatre ans, à la direction du parti unique, le Mouvement national de la révolution, dont elle était la seule femme ; plusieurs sources en font la trésorière adjointe. Elle refusa toute fonction officielle pour ne pas cumuler les mandats. Cofondatrice de l'Union révolutionnaire des femmes du Congo, elle présida en août 1967 un séminaire panafricain des femmes à Brazzaville, organisa avec Firmine Kailly une marche de femmes le 31 juillet 1968, et fut démise de ses fonctions après la prise de pouvoir de Marien Ngouabi.
Membre du comité central du Parti congolais du travail de 1972 à 1991, députée, deuxième secrétaire du bureau de l'Assemblée nationale populaire, elle fut en 1991 la seule femme de la délégation de l'Assemblée à la Conférence nationale souveraine. Elle témoigna devant l'historienne Héloïse Kiriakou en 2014 et en 2016 et fut la narratrice du documentaire Révolutionnaire(s) de Hassim Tall Boukambou. Son nom est aussi écrit Mbadiangana ou Badiangaba, et elle est également connue sous le nom d'Alice Mahoungou.