Historical figures
Ahmed Sékou Touré
1922–1984 · Guinea
Countries they acted in
France
Guinea
Ivory Coast
Ahmed Sékou Touré (1922-1984), employé des postes devenu syndicaliste, construisit son autorité par la grève avant de la construire par le vote. La grève générale de soixante-douze jours de 1953, menée pour l'application du Code du travail, lui donna une base ouvrière disciplinée dans tout le territoire. Maire de Conakry, député, chef du PDG-RDA, il devint en quelques années l'interlocuteur obligé de la Guinée française.
Le 25 août 1958, à Conakry, il répondit devant l'Assemblée territoriale au général de Gaulle venu présenter la Communauté. Le discours est resté pour une formule, « nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l'esclavage » ; c'était en réalité un oui conditionnel, assorti de trois conditions, qui se terminait par « Vive la France ». Aucune des conditions ne fut accordée. Le 28 septembre, la Guinée vota non à 95,2 %, seul territoire d'Afrique noire française à le faire, et l'indépendance fut proclamée le 2 octobre 1958. La France partit en emportant les dossiers, les téléphones et jusqu'aux ampoules.
Il présida la Guinée jusqu'à sa mort en 1984, et son régime dénonça complot sur complot. Deux hommes avaient appelé à voter non avant que le PDG ne s'y décide, Barry Diawadou et Ibrahima Barry dit Barry III : le premier fut fusillé en 1969, le second pendu en public en 1971. Fodéba Keïta, qui avait coécrit l'hymne national, fut exécuté au camp Boiro en 1969 ; Diallo Telli, ancien secrétaire général de l'OUA, y mourut de la diète noire en 1977. Il revendiquait la descendance de Samory Touré et fit de l'almami l'ancêtre fondateur du nationalisme guinéen, une généalogie politique autant que familiale.