Personnalités historiques
Abdoulaye Mamani
1932–1993 · Niger
Pays de son parcours
Algérie
Chine
Ghana
Mali
Niger
Sénégal
Abdoulaye Mamani naquit en 1932 à Zinder, dans l'est du Niger. Syndicaliste, il organisa en 1953 avec Djibo Bakary la première grève de masse du pays et fut l'un des fondateurs, en 1954, de l'Union démocratique nigérienne, le Sawaba. La même année, il se rendit à Pékin pour une conférence de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique. Élu député de Zinder en 1956, il siégea au Grand Conseil de l'Afrique occidentale française et dirigea le journal du parti.
En décembre 1958, à Zinder, il battit Hamani Diori, le futur président, et l'élection fut annulée. Le Sawaba interdit, il partit en exil en 1960, au Ghana, au Mali et enfin en Algérie, où il travailla pour les services culturels. Avec Ousmane Dan Galadima, il reprocha à Djibo Bakary d'avoir surestimé la popularité du parti avant l'insurrection manquée de 1964. Il publia Poémérides en 1972, et sa pièce Le Balai fut primée en 1973.
Rentré au Niger après le coup d'État de 1974, il fut emprisonné en 1976 près de la frontière libyenne. Son roman Sarraounia. Le drame de la reine magicienne parut en 1980 ; les sources divergent sur le fait qu'il l'ait écrit en cellule ou à sa libération. Le film qu'en tira Med Hondo reçut l'Étalon de Yennenga en 1987, et la reine du roman devint l'héroïne nationale du Niger. Dans un entretien enregistré le 27 janvier 1989, Mamani expliqua qu'il avait créé les personnages et pris la prudence d'écrire « roman ».
Il mourut le 3 juin 1993 dans un accident sur la route de Zinder à Niamey, où il allait recevoir le prix Boubou Hama. D'autres romans parurent après sa mort, en 2014 et en 2017. Sa fille Amina lui consacra un documentaire en 2019, et une rue de Niamey porte son nom depuis le 15 juin 2026.
